XTERRA Argentina

Au détour d’une colline, le parcours argentin nous emmène vers une autre planète. C’est vrai que les bosses, tel un circuit de dunes pour BMX, révèle quelques sensations d’apesanteur. A chaque virage, j’envisage une rencontre fortuite avec un aviateur en panne, une rose ou un petit prince endormi. Le parcours de terre aurait pu être celui de mille étoiles mais il est unique, car armés de patience, nous avons fini par nous apprivoiser. Mais c’est finalement quand je rencontre un renard, caché non loin d’un bosquet que je comprends que je suis sur la bonne planète. Celle des rencontres et de l’aventure. C’est ça, la planète XTERRA !

 

Argentée

 

C’est avec une vedette de la littérature espagnole que démarre cette épopée argentine. Poursuivie depuis plusieurs jours par Don Quichotte, j’ai l’intuition qu’une belle histoire va me tomber sur la tête. A l’instar du héros éponyme, j’ai la fâcheuse tendance à croire que tous les signes qui se dressent sur mon chemin sont synonymes de péripéties chevaleresques. A force de croiser le type sur son cheval sur les affiches de l’Opéra ou les devantures de tavernes, je commence à pressentir un vent d’aventure qui se dessine au loin.

Tout ceci se confirme dès mon arrivée à San Juan. L’oasis luxuriante au bord du lac entourée de paysages lunaires fait de cette course un décor de film merveilleux. La motivation des troupes est chose facile et mes compagnons de cabanon (Allison et Branden, du Colorado, et Kieran de Nouvelle-Zélande, des cracks du triathlon) sont ravis d’en découdre dans un cadre enchanteur.

Samedi, départ dans une eau déchaînée. Tout triathlète qui se respecte a déjà connu cette sensation d’être retourné dans une machine à laver et de perdre de vue le saint-graal-point-rouge (Vous voyez ce que je veux dire ?). Pour les débutants en langage triathlon, c’est le fait de ne pas pouvoir s’orienter tellement l’eau est agitée, jusqu’à en perdre les repères de bouées. Etonnement, je m’en sors bien. J’enfourche mon vélo en quatrième position. Les bosses s’avalent à toute vitesse et les secteurs techniques semblent m’avoir prise en amitié. Je rattrape deux concurrentes et me fais dépasser par une troisième. Quatre moins deux plus un, je suis troisième ! J’ai à mes trousses l’américaine Allison Baca (une coureuse de steeple comme moi) et vais donc devoir partir vite pour ne pas lui donner envie de grignoter ma place sur le podium !

A mi-parcours j’aperçois la deuxième que je dépasse dans la foulée. « Water ! Water, please ! » Dans ma tête résonne cette phrase que répétait Victor, le prof d’anglais farfelu de mes huit ans.  Pour des raisons techniques, les ravitos sont situés aux kilomètres 2 et 9, ce qui rend la fin de parcours assez difficile. Je ressens les désormais habituels « frissons des trois derniers kilomètres » et accélère enfin vers l’arche colorée. José, l’organisateur, nous a préparé une arrivée et un podium pleins de paillettes et de confettis.

Je grimpe sur la boîte à la droite de ma copine Fabiola, une athlète toujours le sourire aux lèvres qui a représenté le Mexique aux Jeux olympiques sur triathlon route. Après cet accueil et des rencontres dignes de mes grands rêves de voyages, mon sac est vite emballé car pendant cette fin d’escapade en terre sud-américaine, quelque chose me dit que j’ai encore pas mal de paysages à apprivoiser.

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