XTERRA Chile

Si San Francisco est un hipster, Valparaiso est pour sûr son grand-père bohème un peu fou. L’un porte des chemises à carreaux et sa barbe est taillée avec soin, l’autre a la coiffe hirsute mal arrangée et se drape d’un vieux poncho hippie. L’un déguste une bière artisanale autour d’un plat vegan, l’autre termine les fonds de bouteilles et fume un peu trop. Mais une chose est certaine : San Francisco doit tout à son aîné. Car Valparaiso respire la couleur, la joie, le déclin, la renaissance, le rêve et la vie en arc-en-ciel. Ces mots ne sont pas les miens, ce sont ceux de Cata, la plus charmante chilienne que vous rencontrerez dans le coin. C’est par cette déclaration d’amour que nous entamons notre périple au Chili, terre de tremblements, d’histoire et de dégradés chromatiques.

Chilling Chile

Le reste de notre voyage continue à nous en mettre plein la vue avec la découverte de Santiago, dont les stigmates de Pinochet font parler les statues aux abords de la Moneda. Une ville où les magnifiques bâtiments art déco dignes d’un James Bond en Amérique latine tutoient les grattes ciel flamboyants reflétant les Andes qui s’alignent aux confins de la capitale. Je prends mes marques dans le quartier de Las Condes tout en contraste d’histoire et de modernité avant de me rendre sur la course, au sud de la ville. Le dénivelé annoncé est assez impressionnant, on va prendre 1000m en une boucle de 30km mais une bonne partie du circuit est autour de vignobles locaux. Le premier souci est de garder la roue avant collée au sol par endroit tant l’inclinaison est importante. Ce genre de parcours me plaît, à part une descente en terre. Mais j’ai hâte d’en découdre ! Tellement, que j’en oublie mes chaussures de vélo pour la reconnaissance du parcours… puis mon casque  après celle-ci, en quittant le circuit. C’est la Mexicaine olympienne Fabiola Corona, qui me le ramènera le jour de la course. Bref, on ne me changera pas, j’en ai peur. Je termine ma préparation dans la piscine de l’Universidad Catolica, sur les traces de mon idole, Barbara Riveros.

Je ne saurais vous dire à quel point l’accueil à Santiago a été magique. Rodrigo et son équipe ont réalisé un travail fabuleux pour nous recevoir dans les meilleures conditions de course. L’événement XTERRA est vraiment une grande fête du sport nature.

Le dimanche arrive finalement assez vite et c’est pleine de motivation que je m’élance sur cette course. Je sors de l’eau 6e féminine et je rattrape assez rapidement deux concurrentes. Après un petit tour des vignes je m’aperçois que je n’ai aucune stabilité sur la roue arrière. Petit arrêt pour constater qu’elle est à plat. Je mets une bombe anti crevaison avec du liquide pour colmater mais ce n’est pas suffisant pour regonfler le pneu : j’ai deux déchirures assez profondes. Je me remets en selle et grimpe au sommet de la montagne. Tous les 2-3km je m’arrête pour vérifier la pression. La descente est encore pire, je suis presque sur la jante. Du coup, les virages doivent être pris au ralenti pour ne pas glisser dans le ravin. Je roule au pas pour pouvoir terminer la course sans déjanter. Je pose mon vélo et pars en courant vers la dernière épreuve. Je passe la ligne d’arrivée avec de bonnes sensations mais évidemment insatisfaite de ma course ratée. Je termine au pied du podium mais bien motivée pour prendre part au XTERRA Argentine. Un super mécano chilien me change mon pneu arrière, j’emballe mon vélo dans un grand sac et la nuit suivante, je suis déjà dans la cordillère des Andes afin de rejoindre Mendoza et ses paysages tout aussi flamboyants, pour de nouvelles aventures…

 

 

 

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