XTERRA Greece

– Ben évidemment que j’suis adorable ! J’te rappelle que mon prénom vient du grec « Sophia », qui veut quand même dire « sagesse »…

– T’as l’air de bien t’y connaître. Mais dis moi, ANNE-Sophie, le « A » privatif, c’est grec également, non ?

– …

 

Xterra Grèce  

L’année passée c’est à Malte que je lançais ma saison de cross triathlon. Pour 2017, suite à quelques problèmes de santé, j’ai décidé de différer ma première course de la saison et d’attaquer le World Tour XTERRA en Grèce avec 400 autres fous de mon espèce. C’est donc dans la République Hellénique que j’ai trimbalé mes 100 kg ce week-end ! (bon j’avoue, 100 kg c’est beaucoup pour une triathlète mais je vous rassure, la moitié est à mettre sur le compte du matos… non mais !).

Après quelques bus et avions, je débarque donc dans la paisible ville de Vouliagmeni, station balnéaire huppée dans la région d’Athènes. Nous sommes hébergés chez Georges, un sympathique retraité déterminé à mettre la barre très haut pour nous accueillir. Il a acheté quelques produits à notre attention et glissé quelques bières pour « l’après course » dans le frigo ! Quelle chance !

Le lendemain est consacré à la reconnaissance du parcours et là aussi, c’est du lourd : jolie plage en guise de départ, mer transparente pour pataugeoire, et parcours vélo et course à pied empruntant les chemins voisins du splendide lac (une piscine naturelle grandiose qui vaut à elle seule le détour!)

Dimanche matin nous voilà au départ de cette course, bonnet visé sur la tête. Je prends pas mal de coups et ma natation n’est pas terrible. Mais, au vu de ma prépa hivernale perturbée, je sais que je vais être surtout forte en course à pied aujourd’hui. J’enfourche mon vélo et je grimpe les premières difficultés. Après quelques coups de pédales je me rends compte qu’un truc ne tourne pas normalement. Dès que je passe un peu de braquet j’entends un craquement assez moche.

Au 7e km, c’est dans un grand fracas que ma roue arrière quitte prématurément l’aventure, Hellas 😉

Mon vélo, qui prend décidément beaucoup trop de libertés, se transforme instantanément en jolie trottinette (ce qui est moins pratique… surtout en côte)

J’abandonne toute chance de terminer la course et encourage gaiement les concurrents de fin de peloton. Sur le chemin, je croise Georges qui a fait le déplacement pour nous encourager !

Bon, ce n’est évidemment pas l’idéal pour un début de saison… mais la compétition est aussi une excellente école de la vie et comme dirait Platon : « la vie est en quelque sorte un pèlerinage ». Mais bon, il en a dit pas mal d’autres bêtises le Platon, comme : « pour connaître un peuple, il faut en écouter la musique ».

C’est pour ça que la soirée suivante, je la passe dans un petit restaurant d’Athènes, au son des guitares et chants grecs, une belle assiette de spécialités culinaires et un (petit) verre d’Ouzo, pour trinquer aux philosophes et à l’origine de mon sage prénom. J’écoute le concert jusqu’au dernier morceau, mais à la fin j’ai quand même du mal à comprendre toutes les subtilités de ce peuple dont le costume officiel est quand même composé d’une jupette, de collants médicaux, d’une blouse large, d’une moustache que seul Freddie Mercury a osé copier et d’un chapeau rigolo. Même à la fashion week, personne n’a tenté ce combo !

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Et puis les grecs sont quand même de types bizarres, prenez ce Talès par exemple. Il nous sort de grandes phrases du genre :« Τις ευδαιμων : ο το μεν σωμα υγιης, την δε ψυχην ευπορος, την δε φυσιν ευπαιδευτος » ; ou « Quel est l’homme heureux ? Celui dont le corps est sain, l’esprit cultivé, la fortune suffisante ». Alors que le même mec aurait évité de nous inventer son théorème à la noix, il faisait le bonheur de générations entières d’étudiants littéraires. 

Bon, je ne peux quand même pas vous quitter sans vous dévoiler ma citation grecque favorite. Elle vient de l’ami Platon et me confirme que le type n’était pas si bête :

 « Touché par l’amour, tout homme devient poète »

Platon
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