Championnat du monde – Australie

Go Wild, Go Bush!

Go Wild, devenir sauvage. Renouer avec l’essence de la vie, l’instinct du voyageur. Go bush. Retour aux sources. S’enfuir. Prendre le maquis.

Quand gamine j’avais foulé les terres australiennes avec mes parents, j’avais promis a cette grande dame que je reviendrais. Toute ma vie je gardais en mémoire cette terre rouge infinie, le mystérieux de ces forets tropicales humides, les plages brûlantes et les poissons colorés. Je revoyais ce village abandonné au milieu du désert et ces aborigènes dansant au son du didgeridoo.

Ou que je sois, mes pensées me ramenaient souvent à l’Australie, à cette promesse d’enfant. Mes souvenirs étaient passés par le filtre des années. Ils avaient pris la jolie teinte colorée que peut leur offrir le temps et s’étaient modelés au prisme déformant des rêves de petite fille. J’appréhendais secrètement nos retrouvailles,… Et si nous ne nous reconnaissions pas? J’ai posé le pied sur le sol austral et mes yeux se sont mis a pleurer. Malgré toutes ces années, non, tu n’avais pas changé!

 

Sydney Super Swim Tour!

Ma participation aux championnats du monde de cross-triathlon est l’occasion de retrouver une terre connue, le sol australien. Depuis des années je rêve d’y retourner. Après deux jours de voyage (départ lundi 6h, arrivée mercredi 9h) je pose donc mes 52kg de bagages à Sydney. L’idée est d’arriver tôt sur place pour effacer les 10h de décalage horaire et les 41h de voyage depuis la Corse.

Pas question pour autant de relâcher complètement l’entrainement, les visites programmées sont donc sportives. Armée de mon appareil photo, de mes chaussures de course et de mon sac de piscine, je suis partie à la découverte des différents quartiers de la ville, leur attribuant un intérêt certain en fonctions de leurs installations sportives. J’ai baptisé ce concept le Sydney Super Swim Tour! Et autant vous dire qu’il a du potentiel mon circuit touristique… La jolie ville regorge de trésors dans ce domaine! Les visites ont débuté dès le premier jour! ou plutôt la première nuit. Le décalage horaire aidant, je suis en pleine forme à 4h du matin le lendemain de mon arrivée sur le sol australien. Après m’être retournée 1000 fois dans mon lit, j’ai une idée : pourquoi ne par profiter de cette aubaine pour aller voir ce qui se passe en ville aux aurores? J’enfile mes vêtements de course, attrape mon maillot et je pars en trottinant doucement vers le Ian Thorp Aquatic Center. Arrivée vers 5h30, je suis surprise de voir qu’une petite file est déjà formée devant l’enceinte. Les athlètes attendent patiemment l’ouverture du complexe pour enfiler leurs longueurs. Et à l’intérieur ça nage! 3 piscines chauffées ou sont répartis les athlètes en fonction de leur niveau de natation et du type de nage. Je pensais avoir trouvé LA piscine de Sydney… je n’était qu’au début de mes surprises!

Le lendemain je plonge dans l’eau claire de la piscine Olympique de Sydney 2000, couloir 5, crawlant de toutes mes force à la poursuite du fantôme de Ian Thorpe, vainqueur mémorable des JO, quatre olympiades plus tôt. Il a marqué de son empreinte les couloirs de cet édifice et du fond des tribunes on entend encore les cris décharnés des supporters en folie. A moins que ce ne soit les enfants qui pataugent dans le petit bassin. Enfin l’effet est terrible, croyez moi!

Deux jours plus tard je découvre la piscine St Andrews qui se situe en plein cœur du parc botanique, face au bateau de la marine militaire. C’est un endroit idéal pour se relaxer après une longue balade et prendre un café !

Autre joyau aquatique, la piscine olympique North Sydney est un exemple de piscine des années 50 qui a gardé son charme d’antan tout en étant idéale pour l’entraînement. Elle se situe au pied du Magnifique pont de Sydney, la vue y est absolument incroyable !

Ensuite, les installations de Victoria Park se trouvent au cœur d’une des meilleures et plus jolie université du monde. Ce site vaut vraiment le détour et si vous avez quelques minutes après l’entraînement, passez rendre une petite visite aux momies et aux espèces animales qui hantent le petit mais riche musée de l’Université.

Enfin, last but not least, la piscine à débordement de Bondi Beach ! Outre le fait que la vue y soit exceptionnelle, cette piscine est magique quand les vagues de la mer viennent s’échouer dans les premiers couloirs. Une expérience à ne pas rater !

 

A cela s’est ajouté un petit détour par les Blue Mountains, une foret magnifique aux allures de jurassic park, et la semaine était déjà presque terminée.

Mercredi s’achevait notre séjour sportif à Sydney. J’avais prévu de prendre l’avion vers Cooma, situé à quelques kilomètres de la course. Au moment du check-in je me rends compte qu’il s’agit d’un jet de 8 personnes, pilote compris et que la limite de bagage est de 15kg (un seul bagage). Il va falloir la jouer serré pour embarquer tout sans payer de supplément.

Me voilà donc à Cooma, joli petit aéroport ressemblant plus à une station de bus et ayant comme particularité un jardin sauvage en guise de piste d’atterrissage au vu des nombreuses herbes folles qui s’y fraient librement un passage en été. Penny, notre charmante hôtesse nous attend avec son 4X4 et nous voilà partis pour un monde sauvage peuplé de nombreux wombats, Emus et kangourous.

Get dirty, Down under !

Vendredi les 150 filles de groupes d’âges s’élancent sur un parcours raccourci et allégé des secteurs techniques et Samedi c’est à notre tour de jouer. 17 Elites au départ appelées une à une par leurs noms. Dans le sas de départ je suis à côté de Barbara Riveros, qui a déjà été sacrée championne du monde sur route il y a quelques années. Le stress monte et c’est parti ! Je m’engouffre dans le tourbillon des premier 100m et puis je prends mon rythme, incapable de suivre ces filles qui ont des records sous les 20’ au 1500m. Je les vois s’éloigner mais les speakers font un job d’enfer et prennent autant de plaisir à encourager les sirènes que les poissons clowns et franchement ça me donne une énergie folle pour partir en vélo. Pas trop à l’aise sur les passages techniques rocailleux, j’essaye de faire mon possible pour réduire l’écart que j’ai accumulé en natation. Le premier tour est génial mais au deuxième je suis prise d’une crampe à l’estomac qui m’oblige à ralentir. Sur la course à pied idem. Pas de super sensations dans le premier tour, j’ai l’impression d’être à l’arrêt. Riveros et Duffy me dépassent et là je commence à me sentir mieux. Certes, elles vont vite et sont dans leur deuxième tour. Mais les voir courir me redonne confiance et ma foulée s’allonge petit à petit. Au fur et à mesure de la course je commence à retrouver mon allure. Ce n’est que dans le dernier tour que j’arriverai vraiment à courir et ça tombe bien, les filles devant commencent à craquer ! Le parcours est difficile : une rivière à remonter sur 200m, un pont de corde et de bois, des trous remplis de boue et un tunnel à franchir accroupi sur plusieurs dizaines de mètres ! C’est le moment ! Je file vers l’arrivée et dans le dernier kilomètre j’ai le privilège d’être accompagnée par 3 kangourous, dont un qui transporte un petit dans sa poche. A part ces derniers moments assez féériques, j’avoue que j’ai rarement autant souffert sur une course. Mais j’avais à peine passé la ligne d’arrivée que le team Belge m’engageait pour le team relay du lendemain… j’étais prête à recommencer ! Je termine donc 13e de ces championnats du monde Elite. Le relais amènera la Belgique à la 7eme place mais une plainte nous privera du classement final (Stéphane a couru deux fois car seuls 3 Belges étaient présents pour la course). Mais on s’est tellement amusés !

 

Aussie Aussie Aussi !

Le soir, BBQ party et concert mené de main de maitre par le chanteur Adam Thompson, star du groupe de rock Australien « Chocolate StarFish »

Antoine et moi n’avons rien planifié pour le reste du séjour, préférant l’aventure et la découverte (et aussi parc’qu’on est un peu fauchés!). Néanmoins, 12h avant la fin des festivités, nous commençons à nous tracasser de notre sort futur. Un lift vers Melbourne est une super idée,… il y a pas mal d’athlètes… Y en a bien un qui a une petite place pour nous,non? J’ai alors l’idée de pousser Antoine au micro de Lanchan, le présentateur vedette de FoxSport pour faire une annonce. Son intervention hésitante mais pleine de spontanéité fait beaucoup rire le public et Lachlan nous prend en sympathie. Il nous assure un covoiturage pour le lendemain, avec lui et Adam. Au fil de la conversation, Adam se rend compte que notre plan logement est aussi aléatoire que nos déplacements en Stop et d’un coup de fil, il nous dégote un magnifique studio en plein Melbourne…. Chez la championne du monde de 100m brasse, Linley Frame ! On pose nos bagages… et nous voilà libres pour explorer l’Australie ! Je pourrais vous parler des heures de notre escapade sur la pittoresque Great Ocean road berceau du surf et paysages hors du temps, du match de cricket Australie-Afrique du Sud et des veines explications des règlements de ce sport par Lachlan à l’aide de légumes apéritifs. De ce concert de country dans un pub avec burgers, bières et danseurs locaux à bretelles. De ces visites sur les traces des pionniers du pays entre aborigènes, chercheurs d’or et bandits, le tout finement brodé à la classe et à l’inaltérable chic britannique. Et enfin cette fantastique soirée chez Adam et sa charmante épouse, qui préparent le meilleur chili de kangourou du monde !

Comment repartir sans verser une larme, quand au-delà de la beauté des paysages, un peuple vous accueille si chaleureusement, ne pouvant prononcer une phrase sans que ne s’en échappe un enthousiaste Greaaaaaaat, un délicieux Awesome, un fantastique Amazing ! YYYEEEEAAAAAHHHHH !

 

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