Roc d’Azur

Un rêve d’enfant. Vous me croyez si je vous dis qu’à l’âge de 5 ans je rêvais déjà de partir au Roc d’Azur? A l’époque j’avais un p’tit vélo tout rose, avec des billes qui faisaient du bruit sur les rayons et des flochettes au bout de mon guidon. Chaque automne c’était la même histoire. Mes parents me déposaient en vacances chez ma grand-mère et partaient, le sourire aux lèvres, vers Fréjus. D’abord j’étais trop petite pour les accompagner,… et puis il y a eu l’excuse de l’école. La vérité, c’est qu’ils étaient bien contents de s’enfuir en amoureux pour profiter des derniers rayons de soleil de l’été pendant que je révisais mes mathématiques. Tout ça c’est fini! A moi les courses de folie. Mon vélo doit avoir le même poids que celui de l’époque (billes et flochettes inclus), et ma maîtrise des pentes et virages s’est améliorée. Alors autant vous dire que cette année j’laisse pas passer ma chance de concourir au milieu des spécialistes du mountain bike mondial! Youhouuuuu!

Comme un enfant

L’aventure commence à merveille avec une rencontre sympathique d’un couple de vacanciers qui, pris de compassion en me voyant déballer mon sac de couchage dans le couloir du bateau parti d’Ajaccio me propose un hébergement douillet dans leur cabine. Débarquement à Toulon et direction Fréjus ou une surprise de taille m’attend ! Antoine, mon chéri et supporter numéro un, a fait le déplacement depuis Paris pour m’encourager ☺. Direction la base nature du Roc près de laquelle on établit notre campement. Ca y est j’y suis ! Cette fin de semaine, le site accueillera 160 000 spectateurs et 25 000 coureurs : le plus gros événement VTT du monde !
J’effectue une reco du parcours VTT et le verdict tombe assez vite : ce circuit est pour moi ! Une grosse difficulté très cardio dans les premiers km avant d’attaquer une descente technique de pierres et virages comme je les aime ! Dès les premiers km de côte un cycliste me dépasse à grande vitesse et me lance un « Salut ! », c’est Julien Absalon sur son vélo qui s’entraîne en détente avant la course de dimanche.
Jeudi 06/10 : C’est parti ! Je me dépêche un rien, histoire de ne pas être trop à la bourre sur la course. Les contrôles sont nombreux et l’accès au parc à vélo pas évident depuis le parking. Sur place, je me rends compte que j’ai oublié mes lunettes, mes gants et mon bidon. Pour les deux premiers, on fera sans, mais le bidon, ça craint ! Je file comme l’éclair sur le salon des exposants en espérant en trouver un qui traîne. Je tombe sur le stand ISOSTAR et j’explique mon malheur. Le gentil vendeur m’en file un, et je lui promets de faire de mon mieux pour l’emmener sur le podium ce bidon doré ! Je retourne sur le lieu de départ et j’observe avec effroi que les vagues sont immenses. J’enfile mon costume de fête et je me dirige vers la plage remplie de concurrents et de spectateurs. Au micro on annonce les favorites : l’excellente Lucie Croissant, athlète de référence dans le triathlon et les sports nature en France et vainqueur de l’édition 2015 est au départ. Avec elle se pointent l’italienne Marta Menditto, vice-championne d’Europe junior, et la Suissesse Angela Niklaus, 14ème aux derniers championnats d’Europe ETU (10h28 sur IRONMAN, et excellente VTTiste). Je me rends compte que pour me hisser sur le podium, va falloir sortir une course de feu ! Et ça tombe bien, c’est ce que l’entraîneur avait mis au programme pour aujourd’hui, une course de feu !

Top dépat ! ROC-RIDE-RUN : Verbe irrégulier à conjuguer à l’objectif présent : on a deux heures pour boucler l’exercice !

Les pingouins enragés s’élancent vers les bouées rouges. J’essaye de garder le cap mais franchement pas évident. Les vagues empêchent la visibilité de la trajectoire. Je prends des coups.
Je m’échoue sur la plage, à 100 m de la course, emportée par le courant et j’entends que j’ai 5’ de retard sur la première féminine, 2’30 de retard sur un groupe avec les 4 poursuivantes. J’attrape mon MERIDA et tous les deux nous filons à la chasse des filles de tête. Dans la côte je suis à la bagarre avec Angela Niklaus, qui a visiblement pris les vagues elle aussi… je la détache au train et fini par la distancer. Dans la descente c’est une autre histoire. J’adore ce type de terrain, mais elle semble plus à l’aise sur les cailloux et me dépasse dans un secteur technique. On me crie que je suis 6ème, pas loin des premières regroupées en peloton. Le vélo se termine par 2 km en ligne droite vent de face. Je vois le groupe devant moi à 30 secondes, emmené par deux garçons. Je ne peux pas faire le poids toute seule et je perds du terrain.

Parc à vélo : une nouvelle course commence ! Et celle-là devrait être à mon avantage. Je dépasse rapidement les concurrentes et me retrouve à la chasse derrière la suissesse. Les secondes d’écart diminuent… mais pas assez vite. Me voilà quand même 2ème de ce TRIROC !

Ma première saison de cross-tri distance M se termine bientôt. Dans un gros mois. Il reste une ligne droite. Mais quelle ligne droite…

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